ALERTE – Journée internationale des personnes handicapées: il y a 10 ans, La Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées ouvrait la voie pour l’égalité

Posted by: on Dec 3, 2016 | No Comments

Adoptée il y a dix ans par les Nations unies, la Convention relative aux droits des personnes handicapées a marqué une avancée majeure pour la défense de leurs droits. Mais ces dernières sont toujours l’objet de discriminations graves et multiples.

La Convention relative aux droits des personnes handicapées a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 13 décembre 2006. En dix ans, elle a été ratifiée par 168 États et est devenue une norme internationale reconnue. Elle est le premier texte de droits humains concernant les personnes handicapées légalement contraignant pour les États. Elle précise les obligations auxquelles ils s’engagent pour permettre la réalisation des droits des personnes handicapées sur base d’égalité avec les autres.

Les personnes handicapées doivent être reconnues comme des sujets de plein droit.

Preuve de son succès, les États intègrent de manière croissante dans leurs constitutions des dispositions en faveur de l’égalité des personnes handicapées : 68 % des constitutions adoptées entre 2010 et 2014 intègrent de telles dispositions, contre 43 % entre 2000 et 2009. A l’occasion de la Journée Internationale des Personnes Handicapées, Handicap International appelle les Etats à respecter les engagements prévus par la Convention en mettant immédiatement en œuvre des mesures pour garantir que toutes les personnes handicapées soient inclues dans la société.

La Convention relative aux Droits des  Personnes  Handicapées réaffirme les droits humains comme universels et applicables aux personnes handicapées. La perception du handicap comme une déficience physique ou mentale de la personne recule dans le monde ; on admet de plus en plus que la société est responsable des barrières faisant obstacle à la participation des personnes handicapées. En célébrant la diversité humaine, la Convention appelle les sociétés à s’organiser différemment afin que, quelles que soient ses capacités ou incapacités, quiconque soit en mesure de jouir de ses droits et libertés fondamentaux.

Les associations représentatives de personnes handicapées sont de mieux en mieux organisées et pèsent désormais davantage sur les décisions qui les concernent : au Laos ou en Tunisie, l’action de ces associations a permis des politiques plus inclusives et une meilleure participation des personnes handicapées à la vie politique de leur pays.

Le mot d’ordre du mouvement mondial de défense des droits des personnes handicapées, « Rien sur nous sans nous », rappelle qu’aucune décision concernant les personnes handicapées ne doit être prise sans leur consultation.

Un long chemin à parcourir

L’existence de la Convention a donné une visibilité aux personnes handicapées dans les discussions sur les programmes mondiaux de développement : en septembre 2015, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté les Objectifs de développement durable, premier programme mondial de lutte contre la pauvreté de cette ampleur prenant en compte les personnes handicapées.

 Pourtant, les droits des personnes handicapées sont encore régulièrement bafoués : ces dernières sont très souvent empêchées d’accéder à des services (santé, éducation, transports, emploi) en raison de leur inaccessibilité. Elles peuvent aussi être victimes de violences répétées en raison de leur handicap, souffrir de restrictions à la vie familiale, de stérilisation forcée, de ségrégation, de médication forcée ou de limitations dans l’exercice de leur capacité juridique, etc. Certains groupes de personnes handicapées restent plus exclues que d’autres comme les personnes ayant un handicap psychique ou celles faisant face à des discriminations multiples (les femmes handicapées, par exemple).

  • Selon les études, les femmes handicapées ont toujours deux à trois fois plus de risques d’être victimes d’abus physiques et sexuels que les femmes qui ne sont pas handicapées.
  • 20 millions de personnes dans le monde ont besoin d’un fauteuil roulant mais n’y ont pas accès.

Les personnes handicapées sont toujours un des groupes les plus pauvres parmi les pauvres. Elles connaissent de nombreuses situations d’exclusion, et il existe ainsi des liens forts entre handicap et pauvreté. Cette réalité est inacceptable ; il est ainsi indispensable que les programmes de réduction de la pauvreté intègrent explicitement les personnes handicapées.

  • 80 % des personnes handicapées dans le monde vivent dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires.
  • En situation de crise, les personnes handicapées sont peu ou mal prises en compte. Selon une enquête menée par Handicap International en 2015, 75 % des personnes handicapées affectées par les crises n’ont pas suffisamment accès à l’aide humanitaire.

La communauté internationale doit soutenir le mouvement des personnes handicapées pour qu’elles fassent entendre leur voix et proposent des recommandations concrètes pour leur inclusion. Afin que les États, les bailleurs de fonds et les ONG prennent mieux en compte les millions de personnes handicapées affectées par des crises humanitaires, Handicap International, avec plusieurs organisations partenaires, a lancé en mai 2016 lors du Sommet humanitaire mondial la Charte pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’aide humanitaire. À ce jour, la Charte compte 138 signataires.

Consultez la Charte ici.